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Sunday, February 13, 2011

Interdiction de photos à Orsay

J'ai lu un playdoyer pour l'interdiction des photos à Orsay.

Je trouve que le playdoyer en question est un fourre-tout au nom de la convenance sociale: Je m'explique, le fait qu'Orsay Commons soit une action discutable en protestation à l'interdiction, elle aussi discutable, de toute photographie au Musée d'Orsay est d'une évidence infantile.

Il est évident que les 'photographies', peut on encore parler de photographie quand il s'agit de les prendre avec des téléphones portables, sont de mauvaises qualités. Il est aussi évident que la portée de l'action n'est que symbolique, les amateurs d'arts iront dans les musées si ils ont envie de voir une œuvre d'art.

L'auteur du playdoyer prend un exemple avec la valse de Camille Claudel et en donnant une photo prise avec un Samsung, il me semble qu'on peut réaliser des photographies dignes d'être regardées de cette œuvre, en cherchant rapidement, j'en ai trouvé deux sur Commons, certes ce n'est pas à la portée de tout le monde d'avoir un Leica, mais les photos sont la...



La Valse par Camille Claudel
Photographie par Scott Lanphere
Licence: CCBYSA ou GFDL
La Valse par Camille Claudel
Photographie par Scott Lanphere
Licence: CCBYSA ou GFDL
Hormis la problématique de respect du droit d'auteur, les mauvaises langues remarqueront que Camille Claudel étant décédée en 1943, ses œuvres n'entreront dans le domaine public qu'en janvier 2014... Donc profitez des images sur Commons, le temps qu'elles soient effacées puis restaurées probablement début 2014...

Le problème en soit n'est pas d'être interdit de réaliser des mauvaises photos c'est juste de ne pouvoir en réaliser de correctes pour des œuvres pourtant entrées dans le domaine public.

Il n'y a donc ici, pas de débat sur le fait de rémunérer l'auteur ou ses descendants, puisqu'il ne s'agit pas d'art moderne, il y a juste la tentation de monétiser l'accès à l'œuvre originale, tel un garde barrière serait tenter de demander un droit de péage pour reprendre une image que j'ai entendu ailleurs.

Je concède que l'interdiction de prendre des photos au flash me parait la plus justifiée, le flash peut en effet dégrader le support d'une œuvre. Maintenant, l'interdiction de trépied est-elle plus discutable, il est parfois invoqué des raisons de sécurité, une gène à la circulation, des personnes pouvant trébucher et endommager les oeuvres, j'oserai donc demander ce qu'on attend pour interdire l'accès des musées aux handicapés, que ce soit en chaise roulante ou en béquille, ca me parait évident que le genre de risque est du même ordre, imaginez une seconde le drame: un handicapé en béquille trébuche devant la Vénus de Milo, le Radeau de la Méduse, la béquille part droit devant et provoque un trou dans le tableau (Note: la Vénus de Milo étant une sculpture, c'est plus difficile à endommager avec une béquille et techniquement impossible à assimiler comme un tableau, les lecteurs auront compris que je prends un exemple rocambolesque ici pour illustrer le problème.)

A moins bien sur, que l'interdiction de trépied ne soit juste pour éviter que des photos de qualité ne puissent être réalisées, ceci concurrençant le petit commerce de cartes postales et autres pratiques étranges associées à des œuvres pourtant du domaine public... Interdiction qui deviendrait insuffisante avec l'avancée des appareils photographiques numériques, et qui tactiquement, justifierai apparemment de les interdire...

2 comments:

  1. Le Radeau de la Méduse est au Louvre, donc on ne peut l'endommager en allant à Orsay :-)

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  2. D'un autre coté, en étant basé à Toulon, j'ai un peu de mal à savoir ou sont les œuvres des musées de Paris :D

    Ceci dit, le musée de la Marine nationale autorisait les photos au flash mais interdisait le trépied... d'un autre coté, le flash provoque des reflets, et les photos ne sont pas forcément exploitables...

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